Cabu et les autres: un 11 septembre intime
Et soudain, le nom de Cabu. Soudain, au milieu des infos encore incertaines, des bilans contradictoires, de l'affolement des chaînes d'info et de Twitter, soudain le nom de Cabu, parmi les victimes.

Cabu ? Cabu. Pas Cabu, tout de même ? Si. Cabu. Et pas seulement. Et aussi son vieux copain Wolinski. Et aussi deux plus jeunes, Charb et Tignous. Et huit autres, dont nous ne savons pas encore les noms, mais que nous attendons de connaître.

Mais Cabu, d'abord. Pourquoi Cabu plus que les autres ? Pas pour les séparer dans la mort, bien sûr. Mais parce que Cabu, comment dire ? On a tous grandi avec Cabu. On a tous, au-delà d'un certain âge (et Alain Korkos le dira ici, dans la journée), grandi avec le grand Duduche et son beauf. On a tous rêvé, comme Duduche, d'embrasser dans la cour la fille du proviseur. C'était l'époque où Cabu ne dessinait encore sur rien d'autre que sur les émois,... [Lire la suite]

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05
Nov 2014

5 novembre

Posté dans Café du Commerce

5 novembre
Bonsoir Londres. Permettez-moi tout d’abord de vous présenter mes excuses pour cette interruption. J’aime, comme beaucoup d’entre vous le confort du train-train quotidien, le sentiment de sécurité et la tranquillité que procure ce qui est familier et répétitif. Je les apprécie, comme tout à chacun.
Mais dans cet esprit de commémoration qui prévoit que les évènements importants du passé, habituellement associés à la mort d’un individu, ou à la fin de quelque horrible bataille sanguinaire, soit célébré par de sympathiques congés, j’ai pensé que nous pourrions célébrer ce 5 Novembre, jour hélas oublié, en consacrant un court instant de notre vie quotidienne à nous asseoir et à bavarder un peu.
Il existe bien sûr des personnes qui ne veulent pas que nous parlions. Je soupçonne qu’en ce moment même, des ordres sont aboyés dans des téléphones et que
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Prouvez que vous êtes en vie.
"Si vous lisez ceci, alors cet avertissement est pour vous. Chaque mot que vous lisez de ce texte inutile est une autre seconde perdue dans votre vie. N'avez-vous rien d'autre à faire ? Votre vie est-elle si vide que, honnêtement, vous ne puissiez penser à une meilleure manière de passer ces moments ? Ou êtes-vous si impressionné par l'autorité que vous donnez votre respect et vouez votre foi à tous ceux qui s'en réclament ? Lisez-vous tout ce que vous êtes supposés lire ? Pensez-vous tout ce que vous êtes supposés penser ? Achetez-vous ce que l'on vous dit d'acheter ? Sortez de votre appartement. Allez à la rencontre du sexe opposé. Arrêtez le shopping excessif et la masturbation. Quittez votre travail. Commencez à vous battre. Prouvez que vous êtes en vie. Si vous ne revendiquez pas votre humanité, vous deviendrez une statistique. Vous êtes prévenu..."

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Se distraire à en mourir
"Obnubilés que nous étions par la sombre vision d'Orwell, nous avions oublié une autre prophétie, un peu moins bien connue mais tout aussi inquiétante : celle d'Aldous Huxley dans Le Meilleur des mondes. Car, contrairement à une opinion répandue même chez les gens cultivés, les prophéties de Huxley et d'Orwell sont très différentes l'une de l'autre.

Orwell nous avertit du risque que nous courons d'être écrasés par une force oppressive externe. Huxley, dans sa vision, n'a nul besoin de faire intervenir un Big Brother pour expliquer que les gens seront dépossédés de leur autonomie, de leur maturité, de leur histoire. Il sait que les gens en viendront à aimer leur oppression, à adorer les technologies qui détruisent leur capacité de penser.

Orwell craignait ceux qui interdiraient les livres. Huxley redoutait qu'il n'y ait même plus besoin d'interdire les livres car plus personne... [Lire la suite]

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De l'utilité supérieure des médiocres
« Mais dites-moi, monsieur Challe, pourquoi êtes-vous peintre ? Il y a tant d’autres états dans la société où la médiocrité même est utile » (Diderot, Salon de 1763). L’attaque est drôle, mais injuste. D’abord, nul ne peut savoir s’il sera médiocre dans un art tant qu’il n’a pas essayé, ni s’il est destiné à le demeurer tant qu’il n’a pas persévéré. Ensuite, en peinture comme ailleurs, les médiocres composent le fond nécessaire pour que l’exceptionnel apparaisse comme tel et se détache ; ils donnent de l’éclat, par contraste, à des rivaux plus talentueux : ce n’est pas inutile. Enfin, vouloir que tous les adeptes d’une activité occupent le premier plan est absurde. Que les laboratoires de recherche aient tous le label « laboratoire d’excellence », et une hiérarchie s’installera forcément entre les... [Lire la suite]

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